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Les couverts d’été sont indispensables à une bonne réussite de l’ACS ; leurs rôles sont multiples et on observe une réelle plus-value sur le sol lorsqu’ils produisent une belle biomasse. Citons par exemple la protection du sol contre les excès de températures : sans couvert, le sol peut vite être stérilisé dans les premiers centimètres, car les organismes ne supportent pas ces températures. De nombreux agriculteurs ont pu mesurer des différences pouvant représenter 15 °C. Et cette différence permet à la biodiversité de rester bien en place et de se nourrir : les couverts fleuris en août et septembre participent à l’alimentation des abeilles par exemple.

Évidemment, les autres intérêts des couverts existent comme la gestion de l’enherbement, la lutte contre l’érosion et la remobilisation des éléments fertilisants.

Résultats d’une enquête sur les couverts d’été

Nous avons proposé une enquête auprès des adhérents de l’association pour connaître leurs pratiques sur les couverts d’été donc en interculture courte. Nous avons reçu 115 réponses d’agriculteurs. La présentation de ces résultats permet d’avoir une bonne vision des pratiques d’agriculteurs en ACS avec un investissement conséquent dans des couverts végétaux.

Dans les résultats obtenus à l’enquête, il n’y a pas de différences entre les régions : ce n’est pas un critère de distinction ce qui fait que les réponses sont globalisées.

Les motivations pour implanter un couvert d’été

Pour répondre à cette question, les agriculteurs avaient le choix entre 11 possibilités et ne pouvaient en cocher que 3 en les mettant par ordre de priorité.

Les 2 premières raisons sont pour la structuration du sol et pour nourrir le sol et sa biodiversité et sont citées chacune par 70 % des répondants.

En 3ème motivation, vient la gestion des adventices citée par 40 % : en effet, le fait d’avoir des plantes semées permet d’éviter, dans une certaine mesure, la levée d’adventices, car le sol est déjà couvert ; on constate cependant que dès que le couvert lève mal, les adventices prennent la place. Viennent ensuite, et dans une bien moindre mesure, la production de fourrage et de biomasse, la lutte contre l’érosion et la battance, l’accroissement de la biodiversité, ...

La période de semis

Dans l’idéal, le semis du couvert doit intervenir dans les 2 jours qui suivent la moisson pour bénéficier de l’humidité résiduelle. Au-delà, la réussite de la germination est beaucoup plus aléatoire. Cette contrainte impose une bonne organisation des chantiers et un timing serré.

Il y a quand même près de 50 % des agriculteurs qui font les semis dans les 2 jours. Pour ceux qui ramassent la paille, il est beaucoup plus compliqué de respecter ces 2 jours ; du coup, 2 alternatives sont mises en place : soit le semis à la volée avant moisson pour 7 % soit le semis 10 à 15 jours après moisson pour 20 %. Pour les autres, 8 % sont en couverts permanents, 21 % sèment uniquement à partir de la mi-août quand l’hygrométrie augmente et le semis plus sécurisé et enfin 20 % ne sèment que si l’été est suffisamment humide pour permettre la levée.

(NB : le pourcentage de réponses est supérieur à 100 car il était possible de cocher plusieurs périodes.)

Le choix du couvert

Dans la majorité des cas, il n’y a qu’un seul type de couvert implanté dont on verra la composition au paragraphe suivant. Pour les autres, la composition varie en fonction de la culture suivante : en général, si c’est une céréale, il n’y a pas de graminées dans le couvert, quand il y a un colza dans la rotation, il n’y a pas de brassicacée, etc.

Dans la majorité des cas, le couvert est implanté entre 2 céréales, mais certains l’implantent également dès la moisson pour une interculture longue. Dans ce cas, certaines espèces seront capables de résister à la maladie et au gel (trèfle incarnat, phacélie, colza fourrager, moutarde d’Abyssinie, etc.).

Le type de couvert

Sur le nombre d’espèces, on voit ici 2 stratégies bien distinctes : certains considèrent que 2 ou 3 espèces bien choisies sont suffisantes pour une bonne couverture du sol ; d’autres multiplient le nombre d’espèces en se disant qu’il y en aura toujours quelques-unes qui lèveront en fonction des caractéristiques de l’été. Ce qui est sûr, c’est qu’on voit bien ici l’importance du couvert en ACS avec un réel effort dans le choix des espèces semées.

Il était ensuite demandé, quelles espèces sont implantées : 33 espèces différentes ont été citées ! Sachant qu’il n’était possible d’indiquer qu’un seul type de couvert (celui le plus représentatif des pratiques). Ce nombre très conséquent s’explique sûrement par la recherche continue des Apadiens pour trouver la bonne plante qui pousse même en été : il y a quelques incontournables et la recherche de la perle rare !

Pour simplifier, les espèces implantées sont regroupées par famille :

  • Légumineuses : dans tous les mélanges (féverole :31 – trèfles :38 – pois :17 – vesce :29 - fenugrec :11 – lentille :6 –gesse :3 – soja :1 – lotier : 1 – minette : 1)
  • Brassicacées : dans 69 mélanges (radis :28 – moutarde :29 – colza : 17 – caméline :2 - chou :1)
  • Composées : dans 60 mélanges (tournesol :53 – nyger : 7)
  • Graminées d’été : dans 42 mélanges (sorgho : 24 mélanges – moha :12 –– millet : 3 - maïs :2 – teff : 1)
  • Phacélie : dans 42 mélanges
  • Céréales : dans 28 mélanges (avoine :22 - seigle :4 - triticale : 2)
  • Sarrasin : dans 23 mélanges
  • Lin : dans 11 mélanges
  • Chia : 1

La satisfaction du résultat obtenu

Malgré les 33 espèces différentes utilisées, la satisfaction n’est pas au rendez-vous : seulement 1/3 des agriculteurs sont pleinement satisfaits de leur mélange...

Voici les principales raisons invoquées dans leur insatisfaction :

  • Recherche de couverts tolérant au sec : 23
  • Manque de biomasse produite et hétérogénéité d’une année à l’autre : 9
  • Manque de légumineuses car coût trop élevé : 6
  • Levée hétérogène et trèfle souvent absent : 6
  • Gestion des limaces qui dévorent le couvert : 6
  • Manque de réussite, de compétence, de recul : 5
  • Plantes qui grainent trop tôt : 2
  • Objectif d’étouffement des adventices non atteint : 2

On voit bien que la sécheresse reste la problématique numéro 1 ; ceci pouvant également expliquer l’insatisfaction sur la biomasse produite. Un travail important de recherche doit être mis en œuvre pour améliorer la satisfaction des agriculteurs d’autant plus avec le changement climatique qui va encore accentuer les difficultés d’implantation et de développement des couverts d’été.

Le coût mis dans la semence

La majorité des agriculteurs utilisent une partie de leurs semences autoproduites (72%). Ceci permet d’avoir un coût correct puisque près des ¾ des agriculteurs investissent moins de 40 € / Ha. Il faut évidemment ajouter le coût du semis qui peut être très différents suivant le mode d’implantation.

L’enrobage de semences

Il n’y a que 4 agriculteurs qui enrobent leurs semences. Les produits utilisés sont de l’acide humique et fulvique, de la mélasse de canne, des bactéries. L’objectif étant d’aider la plante dans sa phase juvénile : déjà que l’eau manque souvent, il ne faudrait pas que la plante manque de fertilisants. Ici, c’est bien un enrobage biologique qui est utilisé. Les réponses obtenues montrent que la moitié des agriculteurs voudraient tester cet enrobage, mais il manque encore d’expérimentation pour vérifier l’utilité et le type d’enrobage.

La fertilisation

Dans le système ACS, l’augmentation de la richesse du sol en carbone est une réalité mesurée. Ceci combiné au non-travail du sol entraîne un déficit de la quantité de fertilisants disponibles. A quantité de pluie identique, le développement du couvert est décuplé dès qu’une fertilisation est apportée au semis : le couvert se développera ainsi d’autant mieux, prélevant au final bien plus d’azote qu’un couvert qui aura végété tout l’été.

La fertilisation organique est toujours à privilégier dans un système que l’on veut bio-logique tout en veillant à respecter la réglementation locale.

En conclusion...

Pilier de l’ACS, les couverts végétaux sont abordés dès le début des formations initiales organisées par l’APAD. On a pu voir, illustrées par cette enquête, que les pratiques divergent en fonction des particularités territoriales mais aussi de l’année climatique : il n’existe pas, comme souvent en ACS, de recette toute faite : chacun doit avoir suffisamment de connaissances pour prendre la bonne décision en fonction de ses observations et de ses contraintes. D’ailleurs, la dernière question portait sur le souhait de poursuivre le travail sur les couverts : plus des ¾ des réponses montrent la volonté de poursuivre le travail sur les couverts !