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APAD

La culture du tournesol en ACS

Premier dans la rotation

Le tournesol est un atout en tête de rotation, car c’est un bon précédent pour les céréales à paille :

  • il libère le sol suffisamment tôt pour une implantation dans les meilleures conditions,
  • il introduit une rupture dans le cycle des maladies des graminées,
  • il permet d’alterner les matières actives utilisées en désherbage : l’état du sol est en général très satisfaisant et il ne laisse pas trop de débris au sol qui pourraient pénaliser la céréale qui suit ou d’implanter un couvert végétal pour une autre culture de printemps dans la majorité des régions françaises.

La physiologie du tournesol

Le tournesol est une plante à racine pivotante et à cycle court.

De fait, ces deux caractéristiques en font une culture exigeante vis-à-vis de la structure du sol : il faudra être vigilant par rapport à la qualité du lit de semences (présence de terre fine nécessaire) et penser que le moindre obstacle au développement racinaire peut occasionner des pertes importantes en rendement et une dégradation de la qualité.

Il est donc impératif de vérifier la bonne structure de son sol pour que le pivot descende correctement. Il ne faut jamais oublier que la profondeur à laquelle descendent les racines est gage d’une bonne alimentation hydrique : les besoins du tournesol en eau sont estimés à 480/500 mm sur un cycle.

Contrairement aux autres grandes cultures, il ne peut compenser des manques à la levée qu’au travers d’une augmentation de la surface foliaire. Or, la levée conditionne directement la régularité du peuplement, qui doit être bonne pour permettre au tournesol de donner le meilleur de lui-même. Un peuplement compris entre 55 et 60 000 de plantes levées par ha permet d’obtenir le rendement et la teneur en huile maximum. L’écartement idéal est de 40 à 60 cm, néanmoins, un semis à 75 cm permet d’utiliser le matériel existant.

Comme souvent, en Agriculture de Conservation des Sols, il est préférable de semer lentement, aux alentours de 5 km/heure pour la régularité de la profondeur de semis, de l’écartement entre graines et la bonne fermeture du sillon.

À noter : le petit coutre derrière le disque ouvreur apporte un plus dans la régularité du semis.

Le strip till à dent fine est aussi utilisé par certains : c’est bien un outil à utiliser en sol suffisamment ressuyé, car il peut faire plus de mal que de bien en cas de mauvaise utilisation. Il peut permettre de sécuriser l’implantation dans un sol en début d’Agriculture de Conservation des Sols.

La problématique des ravageurs

Oiseaux et limaces représentent le risque majeur de la prédation pour la culture du tournesol.

L’Agriculture de Conservation des Sols, de par la biodiversité qu’elle favorise, fait malheureusement face à des conséquences comme la prolifération de certains ravageurs qui nécessite une vigilance stricte.

L’APAD poursuit son travail de suivi des impacts des limaces sur les cultures de printemps.

En attendant de mieux comprendre la dynamique de population et de dégât, il est conseillé de protéger le germe avec, au minimum, de l’anti-limace mis dans et sur la ligne de semis ; si le germe est coupé, la plante meurt.

La pose de pièges avant et après le semis permet aussi de mieux prendre en compte le risque et de traiter à bon escient.

Pour les oiseaux, en particulier pigeons et corbeaux, la mise en place des leurres habituels comme les épouvantails, les pièges ou les canons, montrent leurs limites.

En 2 à 3 jours, les oiseaux s’habituent et l’efficacité baisse sensiblement.

La piste la plus prometteuse est de les perturber avec du végétal soit vivant soit en décomposition : ils ont encore du mal à bien identifier les parcelles semées en tournesol au milieu d’autres plantes.

Quoi qu’il en soit, la majorité des ACSistes préfèrent semer plus tard pour que la levée soit la plus rapide possible : c’est encore aujourd’hui le meilleur remède aux différentes attaques ! Le risque de sécheresse est augmenté, mais le fait de ne pas travailler le sol permet de mieux garder l’eau du sol et donc de limiter ce risque.

Pour prendre la décision du semis, rappelons que maïs et tournesol ont besoin d’un cumul de température d’environ 90° jours base 6°C entre le semis et la levée. Il est alors possible de faire la moyenne des températures mini et maxi du sol (prendre la température à 8h00 et à 14h00) et retrancher 6 °C. Puis faire le cumul des moyennes de températures journalières en fonction des températures prévues. Il est recommandé de semer lorsque le cumul des températures atteint 90° jours en 10 à 15 jours maximum.

La fertilisation

Avec un semis souvent tardif et une minéralisation du sol qui a repris, l’engrais starter est rarement valorisé par le tournesol.

De plus, comme le tournesol est une plante mycorhizienne, le starter pourrait être plus nocif qu’utile dans un sol riche en de tels champignons. Des observations d’agriculteurs montrent également que la mycorhization du tournesol semble réduire significativement leur infection par l’orobanche : c’est donc un paramètre très important à prendre en ligne de compte.

Pour la majorité des éléments fertilisants, les besoins de la culture sont faibles, voire nocifs en cas d’excès d’apports. Un apport d’azote de 40 à 50 unités est suffisant. Cet apport doit être réalisé soit au semis, voire avant, s’il y a un couvert à décomposer, soit un peu plus tard, juste avant une pluie, si le couvert a déjà disparu. Le tournesol est une culture moyennement exigeante en potasse et peu exigeante en phosphore : il supporte assez facilement une impasse d'apport en ces deux éléments même si plusieurs observations montrent que la potasse apportée sous forme de sulfate a un impact positif sur le rendement.

Enfin, ne pas oublier que le bore est un élément indispensable au tournesol et que toute impasse est à proscrire : 500 grammes en fertilisation foliaire suffisent au stade 8 à 10 paires de feuilles.

Des pistes d’innovation

Comme le tournesol est une plante de printemps, ça peut être l’occasion de semer avec le tournesol une autre plante de printemps qu’on souhaite conserver par la suite. On connaît tous des situations où les semis de luzerne n’ont pas fonctionné en fin d’été : l’implanter avec le tournesol en semis direct peut être une solution, car c’est la période optimale pour sa germination. Le trèfle blanc et violet peuvent aussi être semés avec le tournesol. Évidemment, le programme de désherbage sera adapté à cette contrainte supplémentaire. Les résultats obtenus sont très souvent satisfaisants avec peu d’impacts de la légumineuse sur le tournesol et la possibilité de la valoriser pour des animaux en automne. Il est également possible de garder ce couvert pluriannuel avec un blé qui suit le tournesol.

D’autres idées existent d’association de plantes pour mieux gérer l’enherbement : les lentilles fourragères par exemple, en poussant dans les espaces laissés libres entre tournesol, évitent le salissement.