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Le semis de blé en ACS

Date de publication : 02/03/2023

Le semis de blé en Agriculture de Conservation des Sols

L’implantation du blé, et des céréales d’automne en général, en semis direct ne présente pas de difficulté majeure à condition de respecter un certain nombre de principes qui sont souvent communs aux cultures semées en direct.

L’Agriculture de Conservation des Sols est un système, la réussite du semis passe en partie par le choix du précédent et de sa gestion.

Voici les principes fondamentaux à respecter pour permettre une bonne levée de la culture

Période de semis

  • Une date de semis qui peut être avancée versus les semis classiques.
  • Il faudra cependant prendre en compte, évaluer au mieux et anticiper le risque « puceron », qui est accentué, ainsi que le salissement avec des graminées ray-grass et vulpin.
  • Cependant, un semis tardif entraîne une moindre minéralisation en semis direct et impacte le développement de la plante : elle est alors sensible plus longtemps aux prédateurs avant l’hiver et elle résiste moins aux intempéries.
  • Suivant les régions, la période optimale est environ 10 jours avant les semis réalisés en agriculture conventionnelle en prenant en compte les risques précédemment mentionnés.

Quel type de sol, quel élément semeur ?

Comme pour tout semis en semis direct, le sol doit être bien ressuyé et plus il est humide, moindre doit être la pression de l’élément semeur.

En fonction du précédent, le semis peut présenter un angle par rapport à la culture précédente pour éviter qu’un élément semeur se retrouve tout le long de la parcelle dans le rang précédent avec une mauvaise mise en terre.

Le type de semoir, à disques ou à dents, importe peu. Il faut s’adapter à son matériel, son sol et aux conditions de l’année sachant que le semoir à dents sera moins performant dans un sol trop humide.

A contrario, il dégage bien la ligne de semis de tout débris végétaux nuisibles à la germination.

Les semoirs à disques inclinés permettent également de ne pas avoir de paille dans la ligne de semis.

Pour pallier la moindre minéralisation et la consommation d’azote pour dégrader les pailles éventuelles du précédent, un engrais starter à base d’azote, phosphore et soufre doit pouvoir être positionné : c’est souvent une stratégie gagnante.

Suivant la pression limace, il peut également être utile de mélanger l’anti-limace à la semence ou d’avoir une caisse spécifique pour protéger la plantule : 3 kg/Ha sont souvent suffisants.

Quelle variété ?

Il n’existe pas de spécificité pour le semis en direct comme c’est le cas en Agriculture de Conservation des Sols.

Aucun essai n’a montré de différence de comportement des céréales entre le semis en direct et le conventionnel.

Cependant, notons un bémol sur les variétés hybrides : elles compensent leur plus faible densité de semis par un meilleur tallage. Or, celui-ci est souvent plus faible en Agriculture de Conservation des Sols par manque d’azote en sortie d’hiver, d’où une moindre compensation.

Dans les autres cas, on peut donc se rapprocher sans risque des résultats d’essais menés en travail du sol.

Les agriculteurs en Agriculture de Conservation des Sols ont pris l’habitude de semer un mélange de variétés : ceci n’est pas une spécificité de l’Agriculture de Conservation des Sols, mais on peut observer des résultats très intéressants dans des stratégies à bas intrants que l’on rencontre souvent, en particulier avec la moindre utilisation de fongicides.

Soit les agriculteurs ressèment leur propre mélange d’une année sur l’autre en ajoutant éventuellement une proportion de nouvelle variété, soit le mélange est nouveau tous les ans.

Le mélange de variétés peut surprendre visuellement, mais montre plus de résilience.

Observe-t-on des maladies en Agriculture de Conservation des Sols ?

Les maladies cryptogamiques, les systèmes ACS en équilibre ne présentent pas plus de risques.

Un précédent maïs grain n’entraîne pas plus de fusariose, dans les différents essais que l’on a pu mener.

Les traitements de semences ont cependant tout leur intérêt, en particulier contre le risque de carie, charbon, ...

Quelles conditions idéales, quelle densité ... ?

Le semis doit se réaliser sur un sol exempt de toute adventice problématique, en particulier graminées.

D’autre part, la première feuille qui sort du coléoptile doit aussitôt être à la lumière sous risque d’élongation du mésocotyle et un moindre tallage : la culture ou le couvert précédent ne doit donc pas gêner l’accès de la lumière à la plantule.

La densité de semis est souvent augmentée, car les pertes peuvent être plus importantes vue la biodiversité présente dans le sol.

Une augmentation de 20% de la densité habituelle est un juste équilibre, soit environ 300g/m2 pour un semis du 15 octobre en terre saine.

La gestion des limaces une véritable problématique à prendre en compte

À l’automne, elles sortent d’une période de disette avec le sec et les pluies signent leur remise en activité vigoureuse.

Tout ce qui facilite leur présence est donc à proscrire :

  • Anfractuosité dans le sol (d’où l’importance du roulage),
  • Couverture végétale trop épaisse et plaquée au sol,
  • Absence de couverts verts au semis donc la céréale est la première plante vivante que peuvent rencontrer les limaces (un couvert d’été même peu développé ou un semis d’une plante leurre avant l’implantation de la céréale suffit souvent à limiter le problème).

De nombreux témoignages montrent que moins on utilise d’anti-limace, plus rapide est l’arrivée d’un équilibre limitant leur prolifération.